Les projections de déficits du Conseil d’Orientation des Retraites reposent sur des hypothèses dont les plus pessimistes sont au-dessus de l’historique des vingt dernières années. A l’horizon 2030, ces hypothèses fantaisistes négligent des dizaines de milliards de déficit.
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Si, plutôt que de verser des cotisations au système de retraite par répartition, un salarié moyen de 62 ans avait investi chaque année 20% de son salaire brut dans le CAC40, il disposerait aujourd’hui d’un capital de 800 000€.
Je critique souvent le système de retraites par répartition sur ce blog. Mais je n’ai pas encore évoqué son alternative, la capitalisation. Ce premier billet est sans prétention, et cherche à répondre à une question finalement assez simpliste :
De quel capital disposerais-je si j’avais investi mes cotisations en bourse plutôt que dans le système par répartition ?
Dans un système de retraite par répartition, les cotisations par actif doivent croître au même rythme que le ratio de dépendance démographique (Retraités/Actifs) et la croissance du montant moyen des pensions. Une telle évolution aboutira à un taux de cotisation représentant la moitié du salaire brut en 2040.
Mon précédent billet vous présentait les projections alarmistes sur l’avenir du système de retraites par répartition. Mais me contentant de reprendre les scénarios envisagés par le Conseil d’orientation des retraites, je n’ai pas vraiment contribué à votre compréhension des mécanismes qui expliquent le dérapage prévisible des comptes de la Sécurité Sociale. Ce billet a pour objet de me rattraper, d’être moins descriptifs et plus analytique.
Pour commencer cette analyse sur une base consensuelle, rappelons brièvement ce qu’est la retraite par répartition en citant un site internet de la République française, vie-publique.fr.
« Dans un système de retraite par répartition, les cotisations, versées par les actifs au titre de l’assurance vieillesse, sont immédiatement utilisées pour payer les pensions des retraités. »
Mais, moins consensuelle, petite parenthèse sur la manière dont l’Autorité des Marchés Financiers (AMF) définit une chaîne de ponzi, dans son document « Réponses relatives à l’affaire Madoff »
« Ce type de fraude consiste à rembourser les premiers investisseurs avec l’argent des suivants, en faisant croire aux premiers qu’ils ont réalisé une bonne affaire et en cachant aux seconds que leur argent a disparu en les remboursant avec l’argent des troisièmes. »
Je laisse votre esprit faire les rapprochements nécessaires… et vous propose quelques calculs dérivant de la définition consensuelle.
Dans mon dernier article sur la dette publique, je vous expliquais qu’au regard des précédents historiques, lorsqu’une économie avancée voit sa dette s’élever au-dessus de 90% de son PIB, elle met en moyenne un quart de siècle à redescendre sous ce seuil. Mais c’est sans compter sur l’énorme dette implicite qui pèse aujourd’hui sur l’Europe des vieux et qui viendra s’ajouter à la dette comptable au cours des 25 prochaines années avec l’explosion du papy boom.
D’après la BCE, avant le début de la crise financière (2007), la somme des dettes explicites et des obligations implicites de la sécurité sociale de la zone euro avoisinait les 400% du PIB, contre 170% aux Etats-Unis. Voyons de quoi il s’agit…


















