Archives de: Parti Socialiste

D’un côté de l’Atlantique, l’évocation du socialisme est une outrance au drapeau ; de l’autre le marché est personnifié en espèce de glouton dévorant les peuples. Quand la république bicentenaire américaine regarde vers l’autre rive de l’océan, elle s’étonne du bestiaire trotskyste qui s’étripe à chaque élection française, tandis que la France laïque observe les yeux écarquillées ces pieux politiciens brandissant la Bible à la droite du Parti Républicain.

Chaque pays à sa culture politique incluant tout un champ d’interdits qui structurent le débat public. Ces interdits dérivent d’idées reçues qu’on considère comme acquises, qu’on ne justifie plus par la raison mais par une répulsion pavlovienne, et qui, lorsqu’elles sont parties du débat politique d’autres nations, suscite le dédain et un soupçon de barbarisme. Or, l’étonnement réciproque devrait être une source de curiosité et de recul vis-à-vis de nos propres préjugés.

D’une génération à l’autre, ces préjugés évoluent et leur construction est un des enjeux de long terme du débat politique. Ces trente dernières années, la droite française a laissé la gauche gagner cette bataille en laissant s’imposer l’idée que son extrême serait d’une nature fondamentalement différente de celle de l’extrême droite.

Alors qu’au Royaume-Uni, en Allemagne ou en Espagne, la gauche pris acte de l’écroulement du bloc socialiste et des révolutions conservatrices pour se déplacer vers le centre, la droite chiraquienne accepta tout à la fois l’opprobre jetée sur l’extrême droite par le Parti Socialiste, et l’onction accordée à la si sympathique extrême gauche. Ce faisant, elle s’est tiré une balle dans le pied.

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J’ai choisi de lancer ce blog par une lecture attentive du programme économique de notre nouveau président. Aujourd’hui, la distinction «faite entre les bénéfices réinvestis et ceux distribués aux actionnaires. »

L’ « Engagement 3 » de François Hollande préconise de favoriser les entreprises qui réinvestiraient leurs profits plutôt que de les distribuer à leurs actionnaires. Une idée de bon sens pour sanctionner les méchants capitalistes qui voudraient récupérer les fruits de leurs placements quand ils devraient soutenir la croissance des entreprises. Mais le bon sens n’est pas toujours là où la majorité le croit.

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