Le prix de l’essence n’a rien de mondial

2 septembre 2012 — 2 Commentaires

François Hollande avait promis durant la campagne une réduction du prix de l’essence, ce à quoi notre ancien président avait répondu que l’essence était un prix mondial et qu’une telle promesse était démagogique. Qui avait raison ?

Un fait est certain, le prix de l’essence n’est pas un prix mondial. Entre le Venezuela et la Norvège, deux pays producteurs, il varie d’un peu moins de 10 cents à plus de 10 dollars, soit du simple au centuple. La France se situe clairement dans les prix les plus hauts avec d’autres pays européens, et au double des prix pratiqués aux Etats-Unis, zone la plus directement comparable. De ce point de vue, M. Sarkozy semblait avoir tort.

Mais si on prend sa remarque comme une objection fiscale, à savoir qu’il n’est pas possible de faire baisser le prix sans faire baisser les taxes, la politique socialiste lui donne désormais raison. C’est en échange d’une baisse des taxes que les distributeurs acceptent eux-mêmes de baisser leurs prix.

Reste à savoir pourquoi ces taxes existent. Certains, et j’en suis, diront qu’elles ont vocation à financer l’Etat, qui pompe désormais plus de la moitié de la richesse nationale (56% du PIB). Et dès lors, ce n’est plus tant l’OPEP qui détermine les prix de l’essence que le nombre de fonctionnaires. Car si les cours du pétrole restent la principale source de variations quotidiennes, ils sont incapables d’expliquer pourquoi les prix de l’essence diffèrent dans de telles proportions d’un continent à l’autre. Or si l’on prend le classement réalisé par Bloomberg au milieu de l’été*, 14 des 20 pays où l’essence est la plus chère sont en Europe, continent de prédilection de l’Etat providence.

D’autres diront que la taxe ne sert pas tant à récolter de l’argent qu’à limiter la consommation d’essence et la pollution qui en résulte. Après s’être étonné que les écologistes ne grognent pas davantage face à cette mesure polluante, on pourrait, comme j’aime le faire sur ce blog, s’interroger sur l’équité intergénérationnelle de cette baisse artificielle des prix. Car cette baisse, temporaire, étant financée par la dette publique, n’est qu’un transfert de charge des conducteurs actuels sur les contribuables futurs. Et de ce point de vue, la jeunesse se fait doublement plumer. Elle devra à la fois supporter le coût fiscal et le coût écologique de la mesure, tous deux différés de plusieurs décennies, quand aucun de nos gouvernants actuels ne cherchera plus à être réélu.

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*60 pays, excluant ceux où le revenu moyen par jour est inférieur à $3.

2 réponses à Le prix de l’essence n’a rien de mondial

  1. On peut également dire que cette baisse revient à monter sur la cocotte minute sans couper le gaz car les prix des matières premières énergétiques (comme les autres) ne peuvent que s’envoler en vertu de la bonne vieille loi de l’offre et de la demande tant que la croissance mondiale et surtout celle de l’Inde et de la CHINE se feront selon notre modèle technologique. LA guerre pour les matières premières est au bout du chemin peut être pas si lointain.Seule la recherche d’un autre modèle technique peut nous sortir de là. On n ‘en prend pas le chemin.

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